Les tensions de recrutement sont-elles toujours fortes en 2026 ?

La part des projets de recrutement jugés difficiles tombe à son plus bas niveau depuis 2019, et elle reste proche de la moitié. Ce que ces deux lectures changent pour un poste ouvert.

Par Ken Pauw, Head Of Recruitment

Moins qu'en 2025, et toujours pour près de la moitié des projets. L'enquête Besoins en main-d'œuvre 2026 de France Travail, publiée le 21 avril 2026, recense 2,275 millions de projets de recrutement, soit 6,5 pour cent de moins qu'en 2025. Et 43,8 pour cent de ces projets sont jugés difficiles.

Quelle est l'ampleur des tensions de recrutement en 2026 ?

L'enquête Besoins en main-d'œuvre est une enquête déclarative : France Travail demande chaque année aux employeurs combien de recrutements ils prévoient, et lesquels ils anticipent comme difficiles. Ce n'est donc pas un comptage d'offres publiées, mais une intention, recueillie avant que le recrutement ne commence. C'est exactement pour cela qu'elle est utile : elle mesure ce que les employeurs voient venir.

Pour 2026, l'enquête recense 2,275 millions de projets de recrutement. C'est 6,5 pour cent de moins que l'année précédente. Sur ces projets, 43,8 pour cent sont jugés difficiles, soit 6,3 points de moins qu'en 2025, et le niveau le plus bas depuis 2019.

Ces deux chiffres racontent la même histoire dans deux sens différents. Le volume des intentions d'embauche recule, et la part des recrutements anticipés comme difficiles recule aussi. Vu de loin, le marché se détend. Vu de près, plus de quatre projets sur dix restent classés comme difficiles par l'employeur qui les a déclarés. Un point bas historique et une difficulté qui concerne presque un recrutement sur deux : les deux affirmations sont exactes en même temps.

C'est cette double lecture qui manque dans la plupart des commentaires publiés au printemps. Beaucoup ont retenu la baisse, quelques-uns ont retenu le niveau absolu, et très peu ont mis les deux côte à côte. Pourtant, c'est seulement en les lisant ensemble qu'un employeur peut savoir quoi en faire.

Pourquoi une moyenne nationale ne dit rien sur votre poste ?

Un taux de 43,8 pour cent est une moyenne. Elle additionne tous les métiers, tous les bassins d'emploi et toutes les tailles d'entreprise. C'est un chiffre qui décrit la somme du marché, et personne ne recrute dans la somme du marché : on recrute un profil, dans une ville, avec un budget.

France Travail ne présente d'ailleurs pas cette enquête comme un chiffre unique. Sa publication du 21 avril 2026 s'accompagne du déploiement d'une stratégie sectorielle, parce que l'enquête est construite métier par métier et bassin par bassin. La moyenne nationale est le résultat, pas la lecture.

Et la mécanique derrière les écarts n'a rien de mystérieux. Un métier reste tendu quand le nombre de personnes formées ne suit pas les départs, et cette durée de formation ne se raccourcit pas d'un trimestre à l'autre. Un infirmier ou un couvreur ne se forme pas en six mois, quelle que soit la conjoncture. À l'inverse, les postes accessibles après une formation courte suivent l'économie beaucoup plus vite, et ce sont eux qui font bouger la moyenne. Sur ce site, les pages consacrées à la santé, au BTP et à l'infrastructure et l'aperçu des secteurs décrivent ces différences par domaine.

Nous avons posé la même question aux instituts statistiques de trois pays et nous avons obtenu trois fois le même dessin : le total se détend et les postes difficiles restent difficiles. Ce n'est pas une prévision, c'est ce que trois comptages officiels affichent côte à côte.

Que faire quand le marché se détend et que votre poste reste ouvert ?

Trois conséquences pratiques découlent de ce qui précède.

La première : attendre ne résout rien. Si votre poste fait partie de ceux qui sont structurellement tendus, le trimestre suivant ne changera pas le nombre de candidats disponibles. Une annonce qui ne rapporte rien depuis trois mois ne rapportera pas davantage parce que la moyenne nationale a baissé. Ce qui se passe alors relève rarement du marché ; les causes les plus fréquentes sont décrites sur postes non pourvus.

La deuxième : la baisse peut vous gêner en interne. Un chiffre national en recul donne l'impression que recruter redevient simple, et c'est souvent l'argument qui sert à réduire un budget de recrutement au moment précis où le poste concerné n'a pas bougé. Avoir les deux chiffres sous la main, la baisse et le niveau, évite cette conversation.

La troisième : il existe bel et bien des postes pour lesquels la situation s'allège vraiment. Continuer à les traiter comme en 2022, avec le même effort et le même budget, revient à payer cher une facilité qui est déjà là. La bonne question n'est donc pas de savoir si le marché se détend, mais de savoir lesquels de vos postes se trouvent dans les 43,8 pour cent jugés difficiles et lesquels n'y sont pas. Pour ceux qui y sont, il faut autre chose que davantage de la même publicité, et c'est le sujet de la page postes difficiles à pourvoir.

Que nous demandent les employeurs sur le marché du travail en 2026 ?

Les tensions de recrutement sont-elles terminées en 2026 ?

Non. Selon l'enquête BMO 2026 de France Travail, publiée le 21 avril 2026, le nombre de projets de recrutement recule de 6,5 pour cent et s'établit à 2,275 millions. Dans le même temps, 43,8 pour cent de ces projets sont jugés difficiles par les employeurs eux-mêmes. C'est le niveau le plus bas depuis 2019, et cela concerne encore plus de quatre recrutements prévus sur dix.

Le recrutement est-il devenu plus facile qu'en 2025 ?

En moyenne, oui : la part des projets jugés difficiles perd 6,3 points par rapport à 2025. Mais cette moyenne recouvre des situations très différentes selon le métier et le bassin d'emploi. Un allègement de six points sur l'ensemble du pays peut correspondre à un allègement franc sur certains profils et à aucun changement sur d'autres. La moyenne se déplace, votre poste ne suit pas forcément.

Pourquoi mon poste reste-t-il ouvert alors que le marché se détend ?

Parce que l'indicateur national additionne des demandeurs d'emploi et des postes qui ne relèvent pas des mêmes métiers. Une détente générale ne crée aucun candidat supplémentaire dans un métier où la formation dure plusieurs années et où les départs dépassent les entrées. Si votre poste appartient à cette catégorie, le chiffre national ne vous concerne pas, même quand il s'améliore.

Faut-il attendre que le marché se détende encore avant de recruter ?

Attendre revient à parier sur une moyenne qui ne porte pas sur votre métier. Pour les profils durablement tendus, il n'existe pas de trimestre où cela devient spontanément plus simple, et pendant ce temps le travail s'accumule. Il est plus utile de séparer vos postes en deux groupes, ceux qui sont réellement difficiles et ceux qui ne le sont pas, et de choisir une approche par poste plutôt que par année. Voir recruter du personnel.

Nous suivons ces chiffres à chaque publication parce qu'ils déterminent la façon dont nous abordons un poste ouvert. Si vous voulez savoir où se situent vos propres postes dans ce tableau, l'équipe de SocialFind regarde volontiers avec vous.

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