Refuser un candidat : comment rédiger un bon e-mail de refus ?
Un refus est la dernière chose qu'un candidat entend de vous. Un modèle d'e-mail, les phrases à éviter et ce que dit la CNIL sur la conservation du dossier.
Par Ken Pauw, Head Of Recruitment
Un bon e-mail de refus est court, personnel et envoyé rapidement. Et il engage la suite : selon la CNIL, un recruteur peut conserver le dossier d'un candidat non retenu jusqu'à 2 ans après le dernier contact, à condition de l'en informer et d'avoir obtenu son accord. Sans cet accord, le dossier n'a pas vocation à rester dans vos fichiers.
Comment rédiger un refus de candidature ?
Annoncez la décision dès les premières lignes. Un candidat qui doit lire deux paragraphes sur votre entreprise avant d'arriver au mot "malheureusement" a le sentiment d'être mené en bateau. Viennent ensuite une ou deux phrases d'explication, liées au poste : l'expérience ou la compétence qui a fait la différence. Puis un remerciement et, si vous le pensez vraiment, une invitation à postuler de nouveau.
Les formules de politesse longues font partie de l'usage en France, mais elles ne doivent pas noyer le message. Voici un modèle pour un candidat qui n'est pas convoqué en entretien.
Objet : votre candidature au poste de comptable fournisseurs
Madame Martin, nous vous remercions de l'intérêt que vous portez à notre entreprise et de votre candidature au poste de comptable fournisseurs. Nous ne donnerons pas suite à votre candidature : pour ce poste, nous recherchions une expérience du rapprochement bancaire sous SAP, que d'autres profils présentaient davantage.
Si vous le souhaitez, nous pouvons conserver votre dossier pendant deux ans afin de vous contacter pour un futur poste. Il vous suffit de répondre à ce message pour nous donner votre accord. Nous vous souhaitons une bonne continuation dans vos recherches.
Le délai compte autant que le contenu. Envoyez le refus dès que la décision est prise, et non quand le poste est enfin pourvu, des semaines plus tard. La façon de garder un suivi rapide, même avec beaucoup de candidatures, est décrite sur notre page consacrée à la présélection et au suivi des candidats.
Comment refuser un candidat après un entretien ?
Une personne venue en entretien a investi du temps, et souvent un peu de trac, dans votre offre. Un modèle standard ne suffit plus. Appelez si possible. Si vous écrivez, montrez que vous vous souvenez de l'échange : citez un sujet abordé ensemble, et dites honnêtement ce qui a fait la différence avec la personne retenue.
Proposez un retour plutôt que de l'imposer. Une phrase suffit : "Si vous souhaitez savoir ce qui a guidé notre choix, n'hésitez pas à m'appeler." Au téléphone, restez sur des éléments liés au poste, comme l'expérience, les compétences ou la disponibilité, et jamais sur la personne elle-même.
Pour un finaliste qui a manqué le poste de peu, demandez si vous pouvez le recontacter pour une prochaine offre. C'est le moment où il y est le plus ouvert. Comment entretenir ce groupe de contacts sans qu'il devienne un fichier oublié, c'est le sujet de notre article sur la manière de constituer un vivier de candidats.
Que faut-il éviter d'écrire dans un refus ?
N'avancez jamais un motif qui renvoie à la personne plutôt qu'au poste : âge, santé, origine, religion, situation familiale ou projet de grossesse. Même une phrase bien intentionnée comme "nous cherchions quelqu'un qui s'intègre à notre jeune équipe" peut être lue ainsi.
N'écrivez pas "nous gardons votre CV dans notre base" si le candidat n'a rien accepté. La CNIL lie la conservation à l'information du candidat et à son accord. Demandez-le explicitement, comme dans le modèle ci-dessus, et notez la réponse.
Ne promettez rien que vous ne tiendrez pas. "Nous ne manquerons pas de revenir vers vous" sonne aimable, mais si rien ne suit, c'est ce que le candidat retiendra. Évitez aussi le "nombre très important de candidatures" : le lecteur comprend que son dossier a fini en bas de la pile.
Si de bons candidats abandonnent avant même le refus, parce que le processus est trop long ou trop exigeant, le problème se situe plus tôt. C'est l'objet de notre page sur les candidats qui abandonnent.
Que nous demandent les employeurs sur le refus d'un candidat ?
Faut-il motiver un refus de candidature ?
Une courte explication rend le refus plus facile à accepter et évite que le candidat imagine lui-même une raison. Tenez-vous en au poste : l'expérience ou la compétence qui a fait la différence. Une explication détaillée n'a pas sa place dans l'e-mail. Proposez plutôt d'en parler au téléphone, pour répondre à ce que la personne veut vraiment savoir.
Combien de temps pouvez-vous conserver le dossier d'un candidat non retenu ?
Selon la CNIL, le dossier peut être conservé deux ans après le dernier contact avec le recruteur, à condition d'avoir informé le candidat et obtenu son accord, et plus longtemps s'il a donné un accord formel. Gardez une trace de cet accord, pour pouvoir montrer plus tard que vous l'aviez obtenu.
Peut-on automatiser les refus ?
Pour la première sélection, oui, tant que l'e-mail reste personnel et part rapidement. Beaucoup d'employeurs envoient leurs refus depuis leur logiciel de recrutement ou leur formulaire de candidature, avec quelques textes types par poste. La manière de construire ce circuit, de la candidature à la décision, est présentée sur notre page consacrée au parcours candidat. Après un entretien, un e-mail personnel ou un appel reste la règle.
SocialFind a vérifié les règles de conservation citées dans cet article auprès de la CNIL le 4 novembre 2026. Nous recrutons pour des employeurs qui ont besoin de personnel de façon structurelle et prenons aussi en charge le suivi des candidats, refus compris ; plus d'informations sur notre page consacrée à l'externalisation du recrutement. Pour recevoir ce type d'articles par e-mail, inscrivez-vous à notre newsletter.
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